17 octobre : condamner les violences, entendre les revendications, exiger la vérité

Lyon a vécu samedi une journée de chaos. Les élu·es socialistes condamnent sans ambiguïté les violences et les pillages, expriment leur solidarité aux commerçant·es et aux habitant·es de la Presqu’île, et demandent que la doctrine du maintien de l’ordre soit profondément remise en question.

Office de tourisme incendié, Hôtel de Ville pris pour cible, commerces de la Presqu’île saccagés et pillés jusque dans la nuit, violents affrontements : Lyon a vécu samedi une journée de chaos. Les élu·es socialistes condamnent avec la plus grande fermeté ces violences, que rien ne peut justifier et qui invisibilisent des milliers de manifestant·es pacifiques.

Depuis des semaines, la colère monte : celle des lycéen·nes qui réclament les moyens d’étudier dignement, puis celle de tout un pays contre la vie chère, pour les salaires et les services publics. Ces revendications sont justes et légitimes, et nous sommes à leurs côtés. Samedi, près de 20 000 personnes ont manifesté à Lyon, plus de 550 000 dans toute la France.

Ces revendications méritent d’être entendues. Elles ont été doublement étouffées : par une gestion répressive de la manifestation, qui a pris au piège des manifestant·es pacifiques, et par la violence de casseurs et des pilleurs venus semer le désordre et la destruction.

Les élu·es socialistes expriment leur pleine solidarité aux commerçant·es et aux habitant·es de la Presqu’île, défigurée par les dégradations, les saccages et les pillages. Ces actes sont intolérables. Nous les condamnons sans aucune ambiguïté et saluons l’engagement des policier·es, des gendarmes, des sapeurs-pompiers et des agent·es de la police municipale, mobilisé·es pendant des heures dans des conditions particulièrement difficiles.

Mais condamner ces violences ne dispense pas de comprendre comment elles ont pu se produire. C’est même notre responsabilité politique.

La doctrine du maintien de l’ordre, dans ses principes comme dans sa mise en œuvre, doit être profondément remise en question. Une mobilisation annoncée depuis des semaines a pu déboucher sur des heures de pillages : l’État et le gouvernement doivent des réponses. Place Bellecour, le choix de nasser les manifestant·es a aggravé la situation : des personnes pacifiques, dont des élu·es socialistes, se sont retrouvées prises en étau entre les casseurs et les forces de l’ordre, dans un nuage de gaz lacrymogène, sans possibilité de sortie.

Nous soutenons pleinement la démarche du Maire de Lyon, Grégory Doucet, et de ses homologues de Paris et Marseille, qui demandent un diagnostic précis et rigoureux de la journée du 17 octobre et une rencontre avec le Premier ministre dès cette semaine. Les Lyonnais·es ont droit à la vérité. Tout doit être fait pour que de tels événements ne se reproduisent pas.

Il faudra tirer les leçons. Il faudra réparer. Il faudra surtout que le gouvernement réponde enfin aux revendications légitimes des manifestant·es, plutôt que de les laisser s’enfouir sous les cendres.

Pour le groupe Socialistes — Camille Leroy et Philippe Prieto, co-présidents.