Accusation de viol : le silence n'est pas une stratégie de communication
Après l'ouverture d'une enquête pour viol aggravé visant le directeur de campagne de Jean-Michel Aulas, le groupe Socialistes exprime son soutien à la victime et dénonce des mois de silence.
Une enquête préliminaire pour viol aggravé a été ouverte par le parquet de Lyon à l'encontre du directeur de la campagne municipale de Jean-Michel Aulas. Une jeune femme, militante engagée, a trouvé le courage de porter plainte. Nos premières pensées s'adressent à elle.
Le groupe Socialistes lui exprime son soutien. Nous faisons entièrement confiance à la justice pour établir les faits, sereinement, dans le respect de la procédure et des droits de chacun.
Nous sommes extrêmement choqués par l'entourage d'un candidat à la mairie de Lyon, informé de faits d'une telle gravité dès le mois de février et qui a choisi de ne rien dire, de ne rien signaler, et de maintenir l'intéressé à ses côtés jusqu'au soir de l'élection.
Les faits relayés par la presse sont graves. Avertis, M. Aulas, Mme Cédat et leurs proches n'ont ni réellement écarté le mis en cause, ni saisi la justice. Pendant des mois, la communication a primé sur la protection.
Aujourd'hui encore, alors que la Présidente de la Métropole demande elle-même aux Vice-président·es concerné·es de se mettre en retrait de leurs fonctions, M. Aulas refuse. C'est pourtant le strict minimum que commande la situation. Ce refus pose une question simple : peut-on continuer d'exercer de hautes responsabilités à la Métropole, et de présider son propre groupe politique, lorsqu'on se montre incapable du moindre recul face à des faits d'une telle gravité ? Et ce alors même que M. Aulas lui-même a admis que « [le mis en cause] était là au second tour, mais toujours avec l'accord de la victime ».
Cette affaire dépasse une personne ou un camp. Les violences sexuelles et sexistes ne sont pas des accidents isolés : elles prospèrent partout où le silence, la connivence et la peur finissent par protéger les agresseurs plutôt que les victimes. Aucun milieu n'y échappe et le monde politique, encore moins que tout autre, devrait s'en croire exempté, lui qui se doit d'être exemplaire. Ce que cette séquence révèle, une fois de plus, c'est le réflexe de couvrir avant celui de protéger. Notre groupe soutiendra toute initiative visant à accompagner, protéger, soutenir et orienter les victimes de violences sexuelles, sexistes et machistes.
Pour le groupe Socialistes — Camille Leroy et Philippe Prieto, co-présidents.