Rive droite : la Métropole préfère le bitume à l'ombre

La Métropole abandonne le projet Rive droite du Rhône et laisse plus d'un million d'euros de pénalités sur la table. Un million d'euros d'argent public pour ne rien construire, ne rien planter, ne rien améliorer.

Alors que nous vivons un été historique avec trois canicules en trois mois, la Métropole de Lyon a choisi d'annoncer à la presse l'abandon définitif du projet Rive droite du Rhône. Nous dénonçons une décision prise sans alternative, sans informer le Maire de Lyon et sans considération pour la santé des Lyonnaises et des Lyonnais.

La concertation n'aura été qu'une marque de fabrique. Le 27 mars, Véronique Sarselli suspendait le chantier au nom d'un principe qu'elle érigeait en étendard : « La concertation avec les maires constitue un principe central de l'action métropolitaine. » Quatre mois plus tard, nous savons ce que vaut ce principe : le Maire de Lyon a appris l'abandon du projet dans la presse. Surtout, la majorité métropolitaine n'aura jamais demandé l'avis des premiers concernés, les Lyonnaises et les Lyonnais.

Le calendrier, lui, ne doit rien au hasard : annonce faite le 23 juillet, quand la ville se vide, quand les assemblées ne siègent plus. On annonce en septembre ce dont on est fier ; on enterre en juillet ce qu'on n'assume pas. Ce que l'exécutif métropolitain n'a pas eu le courage de dire au printemps devant les élu·e·s, il le fait dire au cœur de l'été dans la presse.

Le statu quo, en pleine canicule

Ce projet se serait inscrit dans une continuité historique, après le réaménagement de la rive gauche du Rhône sous Gérard Collomb et celui des rives de Saône. Alors que les Lyonnaises et les Lyonnais suffoquent, la Métropole leur promet le statu quo : dix voies de circulation, zéro arbre de plus, et rendez-vous à la prochaine canicule.

Jamais l'immobilisme n'aura coûté si cher. Les pénalités dépassent le million d'euros : un million d'euros d'argent public pour ne rien construire, ne rien planter, ne rien améliorer. Celles et ceux qui se présentaient en gestionnaires rigoureux viennent d'inventer la dépense la plus improductive du mandat : payer pour renoncer.

Défaire, ils savent. Faire, on attend toujours.

Jusqu'à preuve du contraire, le seul projet de cette majorité métropolitaine est d'annuler celui des autres. Suspendre, reporter, abandonner : voilà tout son programme depuis le mois de mars. On peut ne pas partager les choix de la mandature précédente, encore faut-il avoir le courage de leur opposer autre chose qu'une gomme.

Or, dans la majorité Aulas/Sarselli, on cherche encore le projet structurant, l'ambition assumée, la vision pour Lyon.

Le groupe Socialistes de la Ville de Lyon reste mobilisé alors que la Métropole enchaîne les renoncements, sans jamais rien proposer.

Pour le groupe Socialistes — Camille Leroy et Philippe Prieto, co-présidents.