Sarselli-Aulas : reviens, tout est pardonné
Réaction des Socialistes de la Ville de Lyon suite à l'annonce de la réintégration des membres de l'exécutif métropolitain écartés par Véronique Sarselli suite à l'affaire Abreu
Finalement, la « rupture de confiance" n'aura pas duré » si longtemps. Le 10 septembre la présidente de la Métropole annonce réintégrer Jean-Michel Aulas, Laure Cédat et Emmanuel Imberton dans son exécutif. Dans son communiqué, elle se justifie : « J'ai tranché pour l'institution et le territoire, pas pour des personnes. Ma décision s'accompagne d'un rappel clair des règles qui s'imposent à tous les membres de l'exécutif : loyauté, solidarité, travail collectif et respect de la parole de l'institution. Ces principes ne sont pas négociables. » Pas un mot sur l'affaire Abreu, pas un mot sur les violences sexuelles, pas un mot pour la victime. Tant que sa majorité lui obéit tout est permis.
La peur de disloquer sa majorité aura eu raison des cris d'orfraie du mois de juin, qui apparaissent aujourd'hui comme une mise en scène, tant la sanction fut brève. Véronique Sarselli a eu peur. Peur de voir sa majorité se fissurer comme s'était fissuré Cœur Lyonnais à la Ville de Lyon. À la Métropole, on n'a pas eu ce courage.
Quand l'affaire éclate publiquement le 11 juin, Véronique Sarselli se dit « profondément choquée des faits rapportés dans la presse », « particulièrement sensible aux violences faites aux femmes », et affirme devoir « garantir l'exemplarité » de l'institution. De belles formules. On apprendra ensuite qu'elle savait elle-même depuis la mi-mai, informée par le compagnon de la victime.
Comment justifier cet enchaînement ? Nous ne le pouvons pas. Nous ne nous l'expliquons pas. En juin, la présidente leur retire leurs délégations. Tout l'été, elle affronte leur recours devant le tribunal administratif. En septembre, elle les leur restitue. Sans qu'aucun des trois n'ait reconnu quoi que ce soit. Sans qu'aucun n'ait rien changé.
Que reste-t-il de « l'exemplarité » brandie en juin ? Un mot creux, ressorti pour la forme et enterré dès qu'il coûte un siège.
Véronique Sarselli conservera sa majorité et son exécutif, mais elle abdique l'autorité morale qu'on lui prêtait en juin, le jour où elle a pris seule la décision responsable d'écarter les trois de son exécutif. Peut-être la peur des représailles, de perdre la face, ou pire, de perdre son siège, auront-elles fini par abolir ses propres mots.
La Métropole ne peut pas laisser en responsabilité les personnes ayant protégé un violeur présumé, en tout cas, pas pendant trop longtemps. Apparemment il suffit de laisser passer l’été et tout est pardonné.
Et pendant que l'on soigne les egos et recolle les majorités, une question reste sans réponse, une seule qui aurait dû compter : que devient la militante qui a porté cette accusation ? Pas un mot. Pas une phrase, ni dans le communiqué de la présidente, ni dans celui de M. Aulas, qui se contente d'évoquer des « réactions pas toujours opportunes ».. Ce silence-là en dit plus long que tous les communiqués.