Intervention préalable — Conseil du 8e arrondissement du 9 juin 2026

Touria Mahjoubi alerte sur la sécurité à États-Unis et Mermoz, les fermetures de classes dans le 8e arrondissement et la responsabilité de l'État dans la protection des quartiers populaires et des services publics.

Conseil du 8e arrondissement du 9 juin 2026

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le Maire,

Le Parti socialiste se joint au propos de l'adjoint au Sport, M. Larbi, et adresse tout son soutien et ses sincères condoléances à la famille.

Chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Notre arrondissement, comme bien d'autres communes, a été en souffrance durant plusieurs semaines. Deux urgences que je souhaite citer ce soir dans le 8e : la sécurité et l'école. Deux sujets qui semblent éloignés : ils ne le sont pas. Ils parlent de la même chose : de ce que l'État doit aux habitants et notamment aux habitantes et habitants des quartiers populaires.

Sur la sécurité d'abord. Six blessés en une semaine aux États-Unis et à Mermoz, une habitante qui confie « avoir peur de prendre une balle perdue » en sortant de chez elle. J'adresse bien sûr notre soutien aux personnes victimes, à leurs proches et à nos concitoyens inquiets. Ces faits sont graves et je le dis sans ambiguïté : la sécurité n'appartient ni à la droite, ni à l'extrême droite. Pendant des décennies, ils l'ont agitée à chaque campagne pour ne rien résoudre une fois au pouvoir, supprimant des postes de police tout en donnant des leçons.

Le Parti socialiste a toujours porté une vision globale de la sécurité : celle qui articule prévention et répression, présence humaine et technologie, action sociale et fermeté judiciaire. C'est une politique publique sérieuse, construite dans la durée, ancrée dans les territoires. À Lyon, nous incarnons cette vision. Nous avons un adjoint à la sécurité, socialiste, pleinement engagé, au travail chaque jour. Police municipale renforcée, vidéoprotection, médiation sociale, partenariat avec les bailleurs pour fermer les points de deal. Et nous disons à l'État clairement : donnez à Lyon les effectifs qu'une ville de plus de 500 000 habitants mérite, appliquez pleinement la loi narcotrafic. Nous faisons notre part, faites la vôtre.

Concernant l'école, c'est le même État, la même logique. 221 classes menacées dans le Rhône à la rentrée 2026. Des fermetures à Paul-Émile-Victor, à Lumière, dans nos quartiers. Est-ce que la Ville de Lyon ferme des classes ? Non. Alors disons-le clairement : la main qui ferme les classes n'est pas celle de l'adjointe à l'éducation, Stéphanie Léger. Osons nommer les responsables : ils ne siègent pas à la municipalité de Lyon.

L'État démantèle méthodiquement. Pas en une seule fois, non, ce serait trop visible. Mais petit à petit, coupe après coupe, réforme après réforme. Des classes bondées, des professeurs épuisés, des enfants qui décrochent, ce n'est pas son problème à l'État. Sa réponse, c'est : des fermetures de classes, des examens pour trier, orienter et évincer ; une destruction programmée de nos écoles, de nos hôpitaux, de nos services publics.

Pendant ce temps, notre adjointe à l'éducation se bat depuis des mois pour que l'Éducation nationale renonce aux fermetures. Lyon a investi 320 millions dans ses écoles, construit cinq nouveaux établissements, tend vers 100 % bio dans les cantines. Voilà ce que fait la gauche : elle construit, elle rénove, elle nourrit.

Jean Jaurès disait que le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. La vérité, c'est qu'on ne peut pas défendre l'égalité et la justice sociale en abandonnant les plus vulnérables à la violence du quotidien et à une école qui se dégrade.

Nous refusons la résignation. Nous refusons le populisme. Le 8e n'est pas condamné, loin de là : c'est un territoire vivant, plein de ressources, avec des associations et des habitants engagés. Nous agissons, nous continuerons de le faire, avec les valeurs qui sont les nôtres depuis toujours : solidarité, justice et République.